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La dernière lettre de France Valeurs

Lettre de décembre 2016

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Les cloches de Noêl 2016
Les cloches de Noël 2016

J’ai souvent évoqué ici les périls que représentent pour la France l’aggravation du contexte international, notamment la montée de l’Islamisme conquérant.
Un livre-choc vient de paraitre à ce sujet. J’éprouve le besoin de le présenter à nos amis car, malgré son caractère de pathétique avertissement, il nous confirme surtout dans notre devoir de participer à l’actuel, et bienvenu sursaut moral français, ce qui représente aussi l’un des messages de Noël.
***

A travers « Le Puy du fou », son admirable réalisation vendéenne, Philippe de Villiers se révèle, depuis 35 ans, grand serviteur de la France que nous aimons. Cette France, trop calomniée à l’extérieur et de l’intérieur, c’est aussi par ses livres qu’il la défend et l’exalte. C’est ce qu’il ose encore faire dans son dernier ouvrage au titre sévèrement évocateur :
Les cloches sonneront-elles encore demain ?
Je me permettrai d’abord de citer ici plusieurs passages de ses 27 premiers chapitres qui insistent sur notre propre responsabilité dans la montée de l’islamisme. (NB. Ses propos sont entre guillemets).
***

Je cite son introduction in extenso.
(…) « J’ai écrit ce livre avec une boule au ventre. Ma plume, souvent, hésitait, trébuchait. Faut-il vraiment dire tout cela ? Parfois mon sang se glaçait en écrivant. Non, je ne peux plus. Et puis mon instinct reprenait le dessus. Oui, il faut l’écrire. La France est en danger. Il est grand temps de sonner l’alarme. Il faut que quelqu’un aille réveiller le bedeau pour sonner les cloches. Pas le glas, la France n’est pas morte. Mais le tocsin, pour qu’elle ne meure pas. J’ai rencontré beaucoup de monde. De nombreuses informations m’ont été confiées pour qu’elles soient divulguées, comme pour mon livre sur les Mosquées de Roissy afin que les Français prennent conscience de la situation de gravité extrême que notre classe politique dissimule, à l’abri de ses prébendes. Elle ne veut pas qu’on la dérange dans ses jeux qui, pourtant, ne sont plus de saison. Ses jeux de rôles et ses jeux de cartes. Elle veut continuer sa partie de bridge… sur le pont du Titanic. Elle répugne à aborder la seule question qui vaille : un pays peut perdre sa richesse, il n’en meurt pas. Il peut perdre ses libertés, être accablé d’impôts, détruire ses paysages, abandonner sa souveraineté même, il n’en meurt pas. De tout cela, il peut se relever. Mais s’il perd son identité, qu’il ne sait plus ce qu’il est, d’où il vient, où est sa vraie richesse, alors il meurt. Un homme qui perd la mémoire perd l’orientation. Un peuple qui perd son histoire est frappé d’Alzheimer. Il devient végétatif. Il a besoin d’une tierce personne, d’un « accompagnant ». Or, la tierce personne, on la connaît, je n’en veux pas. Elle a une fiche S ...(…)
***

« Nous avons 2.200 mosquées, il en faut le double dans deux ans ! »(Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, avril 2015
Extraits du livre

( …) Les islamistes radicaux veulent la France, ils veulent le monde. La nouvelle conquête spirituelle est en marche. Après chaque acte de guerre, nos dirigeant font le gros dos et répondent aux crimes par le délit de fuite, la fuite devant les mots : on ne désigne pas l’ennemi, on ne nomme pas le mal, on lutte contre le terrorisme. Avec le dit terrorisme, il y a deux sortes de gens : ceux qui terrorisent et ceux qui sont terrorisés. Les premiers instaurent la panique : avec le couteau ils égorgent, avec la kalachnikov ils rafalent, avec le camion, ils écrasent. Les seconds descendent dans la rue, ils déposent des bougies et murmurent en se tenant par la main, comme pour émouvoir les tueurs, « Ils n'auront pas ma haine ». (…)

(…) On communie sous les deux espèces de la laïcité et des droits de l'homme. ( …)
Retour en arrière (…) A Villepinte, le mars 1990. C’est le jour des États généraux de l'opposition. Chacun monte à son tour à la tribune. J’ai retrouvé dans mes archives la recension de ce grand moment d'incandescence.
( …) « L’Islam n'apparaît pas compatible avec nos fondements sociaux et semble incompatible avec le droit français. C'est à l’Islam, et à lui seul, je dis bien à lui seul, de s’adapter afin d'être compatible avec nos règles. » (Juppé) (…)
(…)(Chirac, 19 juin 1991, Orléans) « Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte d’or et qui travaille comme sa femme et qui ensemble gagnent 15 000 fr, qui voit sur le palier d'à côté une famille entassée avec un père, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses et qui gagne 50 000 fr. de prestations, sans naturellement travailler… Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur, eh bien, le travailleur français sur le palier devient fou, il faut le comprendre…Ce n’est pas être raciste que de dire cela… » (…)

(…)Quelques années après, sur le plateau de l'émission : « des paroles et des actes », David Pujadas rappelle à Monsieur Juppé ses propositions de Villepinte. Alain Juppé, embarrassé, cherche à dépouiller le vieil homme : « Rétrospectivement, je pense que c'était une erreur !… »

Le 9 décembre 2009, lors du débat sur l'identité nationale, il dit que la France est Islamo-compatible.
La volte-face spectaculaire du nouveau maire de Bordeaux illustre de façon emblématique de la démission de la plupart de nos élites.

En mai 2015, nouvelle déclaration : «L’idée d’assimiles les gens, d’effacer les différences n'a pas de sens ni sur le plan moral ni sur le plan du réalisme. Ne tombons pas dans la stigmatisation systématique : il existe des accommodements raisonnables. » (…)
Le 31 janvier 2016 : Cette diversité, on doit la respecter. Je ne veux ni la nier ni la combattre. »
La salle applaudit. 25 ans de propagande ont porté leurs fruits. Villepinte est bel et bien enterré mais comment ce processus a-t-il été possible ? (…)

(…) Le plan qui est en préparation dans les milieux salafistes découle d'une stratégie très claire qui parie sur le défaitisme de dirigeants désemparés. Il s’agit de réunir, le jour venu, des petits morceaux d'islam (français) pour obtenir la permission d’y pratiquer la charia. Selon le Renseignement, les Salafistes imaginent une sorte d’Edit de Nantes, comme celui qui fut accordé aux protestants en 1598 dans 160 villes et villages français. L’idée est habile parce qu'on va chercher dans notre histoire un précédent connu, ressenti comme positif, pour légitimer dans un tout autre contexte une innovation qui prend des allures de prudente et sage redite. (…)
(…) Le multiculturalisme est devenu un passage obligé pour faire carrière et sortir du camp des réprouvés de la France moisie ! (…)

(…) L'histoire, c'est la démographie. Elle est sans pitié quand elle redistribue les cartes. Car c'est elle aussi qui commande toutes les dynamiques de puissance et s’acharne parfois sur les peuples qui ne veulent plus vivre parce qu'ils n'ont plus la force de se perpétuer.
Souvenons-nous: « Un jour, des millions d'hommes quitteront l'hémisphère sud pour aller dans l'hémisphère nord. Ils n’iront pas en tant qu'amis. Ils iront là-bas pour le conquérir. En le repeuplant avec leur fils. C'est le ventre de nos femmes qui nous donnera la victoire. » (…) Boumedienne
(…) Hubert Védrine résume bien l'attitude de l'époque. « Dans cette vision de l'Europe, l’immigration n'est pas seulement tolérée et acceptée. Elle est voulue, programmée. » (…)

(…) Pendant des années, les élites ont caché aux peuples européens leur plan secret : l'ONU a donné instruction à l'Europe d'appliquer le principe de « la migration de remplacement. »
Par une disposition préventive, on qualifie les problèmes avec les locutions agrées, répertoriées par l'arsenal rhétorique officiel : « L'immigration est une chance pour la France », « Du reste, il n'y a pas plus d'étrangers aujourd'hui que dans les années 1930 », « De toute façon, l'islam est une religion de paix », « Les terroristes n'ont rien avoir avec l'islam. »
Le prononcé de ces axiomes garantit de toute sortie de route : on est dans la norme.
En revanche, ceux qui évoquent l'islamisation de la France sont immédiatement accusés d'islamophobie, donc de racisme.´(…)

(…) L'eurislam. À l'intention des peuples de nos vieilles nations, nos dirigeants européens ont prévu de leur administrer deux doses de morphine pour que notre disparition se passe en douceur, en laissant gentiment la place : la première, comme on l’a vu, l’émigration de remplacement. La deuxième est plus rude : l’accommodement, lequel repose entièrement sur le principe du compromis mutuel et réciproque avec une approche à double sens.
Les Européens ne regardent pas l’Islam comme une civilisation mais comme une simple religion. Au nom de la liberté de conscience, principe majeur des droits de l'homme.
Fernand Braudel l'avait parfaitement compris dans son livre « l'identité de la France » :
« L’islam n’est pas seulement une religion, c'est aussi une civilisation plus que vivante, une manière de vivre. Un droit fondé sur cette loi supérieure qu'est la religion du Coran. » (…)

(…) La doctrine des Frères musulmans, c'est l'étape ultérieure de l'islamisation tranquille par imprégnation et capillarité des territoires, des structures sociales et du récit collectif imposé à la demeure de la guerre, traduction du mot arabe qui désigne les terres à conquérir. Il s’agit d’inscrire le récit islamique dans le récit historique de l'Europe. (…)
La stratégie des islamistes est très claire : nous priver de notre passé. Le rendre odieux pour que la barbarie change de camp dans l'esprit de la jeunesse. La France a été expropriée de chez elle. Si elle regagne ses pénates et recouvre sa mémoire, l'esprit retrouvera son rayonnement et sa force d'attraction. (…)
***

J'arrête là une première série de citations prises, un peu en vrac, au travers des 27 premiers chapitres. J’en relève maintenant quelques autres prises dans les 5 derniers chapitres, ceux que je préfère car, ensemble, ils constituent un hymne d’amour à la France et suggèrent la nouvelle rédaction d'un roman national qui manque cruellement aujourd'hui.
***

(…) Toutes ces vieilles églises de pierre malade et ces cloches ancestrales qui ne sonnent plus appartiennent malgré tout à la personnalité française ; nul ne peut en disposer, elles mettent chaque jour dans le monde si changeant un peu de pérennité. Elles sont le haut- lieu de mémoire de notre cher et vieux pays. C'est pourquoi il ne faut pas y toucher, il ne faut pas déranger nos paysages, c'est la civilisation. La nôtre. Elle n'est pas échangeable, on ne peut pas la troquer contre une autre comme une liquette. Il ne faut pas piétiner le reposoir. (…)
***

(…) On ne reviendra pas en arrière. Le roman national a été enterré. Il ne reste plus que les quelques symboles, comme le drapeau et l’hymne national à Saint-Denis. Pas à la basilique, au stade des gladiateurs. L'Identité française a été abîmée par une contre-mémoire, une contre-histoire.
Aujourd'hui, chacun sent bien que la France peut mourir, submergée de l’extérieur, effondrée de l'intérieur. Il faut inventer un nouveau roman national pour franciser nos songes. Il ne sera pas un récit de puissance, ni de grandeur. Il faut l'établir sur les beautés françaises. Il faut proposer aux jeunes un roman d'amour.

Pour l'heure, le retour en nous-mêmes est frappé d'interdiction, la nostalgie est devenue une tare. Il faut liquider le passé, la manière la plus policée d’agir, c'est le Mémoricide. (…)
(…) La civilisation française est menacée parce que son premier identificateur, son principal marqueur, c'est la place de la femme et que cette place est en train de changer.(…)

(…) Dans les hautes sphères, on s'ingénie à faire croire que la France est venue au monde affublée du bonnet phrygien de Marianne, du temps de Monsieur Guillotin. (…)

(…) Chez nous, c'est dans le cœur de l'homme que finissent les paysages. Trois versants, trois mers. Bel équilibre trinitaire : la France tourne de tous les côtés. Elle prend du regard le meilleur du voisinage
Le professeur Siegfried transformait l'amphithéâtre de Sciences Po en théâtre des nations: d'une main, il brandissait le portrait de l’une, et, de l'autre, il lui assignait un destin, une place dans la vie des hommes. Il commençait son cours en disant: "La nature et le premier personnage de l'histoire et la commande. D’autres pays doivent beaucoup plus que nous à la nature. Chez les allemands, la forêt s’oppose au jardin. Il y a comme le chaos d’une nature indomptée. Chez nous, la finitude et la sédentarité vont ensemble. Ici, on cultive son jardin, comme dit Voltaire.
Il a fallu la rencontre d'une nature favorable et un dessein. La France est un acte politique : sans la volonté, elle n'est plus rien. (…)

(…) La France et est sa langue ne font qu'un. Notre langue sera le principe unificateur du royaume, le verbe vivant. (…)
(…) En France la littérature est au-dessus de la politique, elle est sacrée. Elle fait l'histoire. (…)
Comme le dit François-Xavier Bellamy, « Il n'est pas anodin que l'apprentissage des langues et de la littérature ait longtemps été désigné sous le beau nom d’Humanités. S’attaquer à la culture. c'est en fait le plus sûr moyen de s'attaquer à l'humanité vive de l'homme. » (…)

(…) Il faut revivre la fable du riche laboureur qui sentait sa mort prochaine puis fit venir ses enfants :
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
(…)
***

(Fin des citations). Je crois comme lui qu'il importe de redonner aux jeunes la fierté d’être français. Mais je crois aussi que cela ne suffira pas.
C'est aussi dans le domaine spirituel et moral qu'il faut provoquer – ou prolonger- un sursaut.
Une anecdote lue cette semaine me parait révélatrice à cet égard:
Une petite fille revient de l'école et, tout à trac comme font les enfants, elle demande à sa maman : « Ma voisine de classe dit que, dans sa famille, ils sont musulmans…
Et chez nous, qu'est-ce qu'on est ?
»
Et maman, bien embêtée, de répondre après un moment de réflexion :
« Chez nous, euh, on est rien ! … »

C'est bien là le problème. Elle aurait pu développer :
Nous, on est des consommateurs, de nourriture et de télévision. On vit mais on a évacué de notre horizon le patriotisme (sauf au sport...), le culte de notre langue et celui des valeurs fondamentales, la quête des fondements de notre civilisation, du sens de notre vie et de la transcendance.

Depuis 1968, par paresse ou par saturation des oreilles et des cerveaux, trop de jeunes élevés dans la foi chrétienne, ont tout lâché en matière de pratique religieuse, et le reste a suivi.

La France est encore couverte d'un blanc manteau d'églises mais leurs portes restent maintenant fermées... et, la nature humaine ayant horreur du vide spirituel, un certain nombre de jeunes français de souche se convertissent à l'islam.

Dans ce domaine là aussi, l'influence de la manif pour tous a cependant provoqué un sursaut et, notamment les jours de fête, les églises sont d'avantage remplies y compris par des jeunes recommençants.
C'est vrai aussi dans bien d’autres domaines. Le vent tourne. C’est encourageant.
***

Face à la montée de l'islam et à ses conséquences, il faut donc opposer une réaction globale :
-Que nos responsables resserrent les boulons sur le plan sécuritaire et législatif.
-Que des écrivains « à la Philippe de Villiers » réécrivent l'histoire de France de façon à redonner de la fierté à nos enfants
-Mais, aussi et surtout, que tous ceux qui croient travaillent, avec l’aide de Dieu, à rechristianiser la France…
- et que ceux qui ne croient pas cherchent, au moins, à la tirer vers le haut, pour l’arracher au fétide bourbier culturel et moral où certains voudraient la maintenir dans l’esprit du Meilleur des Mondes, (celui d’Huxley).

Que la voix des cloches que nous entendrons bientôt dans la nuit nous y encourage.
Bon Noël
Jean Delaunay

***
Les cloches sonneront-elles encore demain ?
par Philippe de Villiers
313 pages, 22,50 €
Albin Michel
***


NB Je recommande la lecture de cet ouvrage et je rappelle que, dans mon livre « En écho à Saint Ex », j’aborde aussi le sujet de nos rapports avec l’Islam, notamment page 52.
Le livre est disponible à France-Valeurs : contact@francevaleurs.org , 20 € franco
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France-Valeurs 30° année Lettre de décembre 2016 Directeur de la publication: Jean Delaunay 32 rue de l’Orangerie 78000 Versailles Site Internet : www.francevaleurs.org courriel : contact@francevaleurs.org