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Des femmes privées d'enfants



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(10 pages)


SOMMAIRE

A     La population française vieillit

B     Les conséquences de ce vieillissement sont redoutables

C     Les Françaises désirent plus de 2 enfants (2,6 )

D     Elles en ont moins de 2 (1,8)

E     Pourquoi?

F     Quels sont les remèdes?

G     Quelles sont les objections habituelles contre ces remèdes?

H     Que pouvez-vous faire personnellement pour que les femmes obtiennent gain de cause et pour arrêter le déclin du pays ?


Les citations entre guillemets sont textuelles. Les autres sont des résumés.


Des femmes privées d'enfants

Soyez indulgent: cette note est celle d'un amateur; les auteurs cités vous en apprendront bien davantage!


A     La population française vieillit

       Une population vieillit de deux façons : les gens vivent plus longtemps, donc le pourcentage de vieillards augmente ; les couples ont moins d’enfants, donc le pourcentage de jeunes diminue.
        Quand les vieux deviennent trop nombreux par rapport aux jeunes, la quantité de richesses créée devient insuffisante pour entretenir les vieux, les décideurs vieillissent et aggravent le processus, les jeunes sont découragés d’entreprendre.

        Le vieillissement de la population française est rapide :
en 1980, 17% de la population, soit 9 millions de personnes, était âgé de 60 ans et plus. Aujourd’hui, c’est plus de 12 millions et de 20%. On estime qu’en 2010, ce sera près de 20 millions, soit 33% de la population, dont 15% de plus de 75 ans et 5% de plus de 85 ans.
Jean-Pierre Lagrange Démographie et retraites in Les enjeux de la démographie européenne sous la direction de Jean-Didier Lecaillon Fondation Guilé 2001 p. 107.

        « D’une génération à la suivante, […] la France perd actuellement 10% de ses effectifs. »
Jean-Edouard Rochas Premiers regards sur 2003 in Rajeunir et Peupler la France Bulletin n°19 décembre 2003 p. 25.

        « Contrairement à une légende répandue, le vieillissement ne touche pas seulement les pays développés. Il atteindra vite la planète entière, mais avec des modalités variables. »
Jean-Claude Chesnais (Démographe INED) Rapport Ramsès sur l’évolution de l’économie mondiale Dunod septembre 1999.
        Une « pyramide des âges » représente le nombre de personnes vivantes, au cours d’une année déterminée, pour chaque classe d’âge (une ligne pour les personnes âgées d’un an, une ligne pour celles de deux ans, etc.) Le graphique a la forme d’une pyramide parce que les femmes sont représentées à droite, les hommes à gauche et les classes jeunes - les plus nombreuses - sont représentées en bas.
        Plus les jeunes sont nombreux par rapport aux vieux, plus la base de la pyramide est large.
        Quand le nombre de naissances diminue, la base de la pyramide rétrécit (forme en «as de pique»)


B     Les conséquences de ce vieillissement sont redoutables

        Moins il y a d’enfants aujourd’hui, moins il y aura demain de salariés et de retraités satisfaits : on cotisera davantage, on prendra sa retraite plus tard, les pensions deviendront maigres.
        Quand la proportion de ses jeunes diminue, un pays s’éteint : ce sont les jeunes qui entreprennent, qui découvrent, qui inventent et aussi qui consomment.
        Quand la proportion des vieux augmente, les politiciens font des lois en faveur des vieux, donc au détriment des jeunes puisque la quantité globale des ressources n’est pas illimitée. La situation s’aggrave encore plus.

        La diminution des jeunes, donc des actifs, sera d’autant plus redoutable que les coûts de santé vont croître encore plus vite que les coûts de retraite, parce que tout le monde y attache la plus grande priorité.
D’après Jean-Claude Chesnais cité par RPLF en juillet 2005

        « On n’a jamais vu de progrès économiques durables dans une population déclinante, d’autant qu’aux effets économiques s’ajoutent les conséquences sociales. [assurance maladie, retraites]. »
Gérard-François Dumont (Démographe) Extrait de sa communication au colloque de Berlin 12 et 13 juin 2002 : Les conséquences d’une moindre natalité.

        « […] la perspective est claire : cheveux gris et croissance molle. » Michel Godet (CNAM) Le Figaro 13 janvier 2004

C     Les Françaises désirent plus de 2 enfants (2,6 )

        « Aujourd’hui, une Française sur deux aimerait avoir un enfant de plus. » Michel Godet Le Figaro 13 janvier 2004

        D’après une étude publiée par l’INSEE (auteurs : Laurent Toulemon – INSEE – et Henri Léridon – INED -), « Près de la moitié des hommes et femmes de 15 à 45 ans expriment un désir de deux enfants et près de quatre sur dix le nombre de trois. » Dépêche AFP parue dans Le Monde du 11 juin 1999 sous le titre « La famille idéale » et citée par le Bulletin de liaison n°6 de juin 1999 de l’association Rajeunir et Peupler la France.

        C’est dire que les Françaises souhaitent avoir en moyenne 2,66 enfants. (Aux esprits forts qui ricanent à propos de ces virgules, disons que 100 femmes souhaitent avoir, en tout, 266 enfants…)

        12 enquêtes, faites depuis 1955, montrent que l’opinion des Français sur la taille idéale de la famille est constante. 3% sont en faveur de l’enfant unique ou refusent l’enfant ; 47% optent pour la famille de 2 enfants ; 38% pour la famille de 3 enfants et 12% pour la famille de 4 enfants et plus.Soit une moyenne de 2,6 enfants. (2,3 lorsqu’on les interroge sur le nombre d’enfants idéal pour « les personnes du même milieu que vous et disposant des mêmes ressources ».) Sans mention d’auteur Population et Avenir n°644 septembre/octobre 1999 p. 2

        « Parmi les grands pays de la C.E.E., la France est celui où le désir d’enfant reste le plus vif. » Jean-Claude Chesnais La démographie Que sais-je ? PUF 1990/2005 p. 112

D     Elles en ont moins de 2 (1,8)

        Elles en voudraient plus de 2. Elles en ont moins de 2.

        Pour obtenir un simple renouvellement des générations (pyramide des âges à forme constante), l’indice conjoncturel de fécondité doit demeurer égal à 2,1. (Chaque femme doit avoir 2 enfants mais comme il naît un peu plus de garçons que de filles et que ce sont les filles qui seront des mères, il faut un peu plus de 2 enfants par mère.)
        En France l’indice conjoncturel de fécondité était en 2004 d’environ 1,8.
        C’est à dire de 15% inférieur au minimum nécessaire. Cet écart est suffisant pour produire à moyen terme des effets considérables sur le vieillissement de la population.

        « D’une génération à la suivante, […] la France perd actuellement 10% de ses effectifs.
» Jean-Edouard Rochas (Démographe) Premiers regards sur 2003 in Rajeunir et Peupler la France Bulletin n°19 décembre 2003 p. 25.

        Indicateur conjoncturel de fécondité (ICF, appelé aussi « indice synthétique de fécondité ») d’une année donnée : c’est le nombre d’enfants qu’aurait eu au total une femme dont la fécondité à ses âges successifs serait identique à la fécondité observée en moyenne à chaque âge cette année-là parmi les femmes de la population.
        Dans le domaine du renouvellement des générations à l’échelle du pays, l’ICF a une pertinence parfaite : il est par excellence l’indicateur très précis de ce renouvellement, indicateur irremplaçable pour tout homme politique ou décideur préoccupé de l’avenir de la Nation. Si l’ICF est régulièrement supérieur à 2,08, les générations ont tendance à croître ; s’il est inférieur à ce seuil, les générations ont la tendance inverse et la pyramide des âges se creuse à la base. C’est le cas en France postérieurement à 1974. Source : Jean-Édouard Rochas Revue Rajeunir et Peupler la France n°6 juin 1999.
       Indicateur de descendance finale : il donne le nombre moyen d’enfants que les femmes nées une certaine année ont effectivement eus à l’achèvement de leur vie féconde.


        Il y a aujourd’hui moins de couples sans enfants qu’au début du XXème siècle. Ce sont les familles de plus de deux enfants qui ont diminué.

        « [On observe la] raréfaction des familles de trois enfants indispensables au remplacement des générations. » Ph. Bourcier de Carbon (Démographe INED) La vieille Europe en implosion démographique face à la très jeune Afrique en explosion démographique mars 1997

        Les familles de 3, 4 ou 5 enfants constituaient 30% des familles en 1968. Au début du XXIe siècle, ce pourcentage est inférieur à 10%. Communication de Jean-Didier Lecaillon (Économiste et démographe)à la réunion du 29 avril 02 de l’association Rajeunir et Peupler la France.

        « Le nombre de familles de quatre enfants est passé de 600.000 à 400.000 entre 1990 et 1999. » Michel Godet (Conservatoire National des Arts et Métiers) Le Figaro 13 janvier 2004

E     Pourquoi?

       Les couples ont moins d’enfants lorsque les enfants font diminuer leur niveau de vie par rapport à celui des couples sans enfant ou plus âgés.
        Or, depuis 30 ans, l’État a divisé par trois les aides aux mères de famille.


        « Le niveau de vie des moins de quarante ans par rapport à celui des plus de 40 ans n’est pas du tout constant au fil des décennies. Par exemple, aux États-Unis, en 1929, le salaire des moins de quarante ans est le même que celui des plus de quarante ans. Il n’en représente plus que 95% en 1944. Il le dépasse, avec 118%, en 1957 puis retombe à 93% en 1979. Or on constate que la fécondité propre à chaque année suit précisément les mêmes fluctuations que le niveau de vie relatif des moins de quarante ans ! » Philippe Bourcier de Carbon (Ined)

        « On ne fait pas des enfants pour de l’argent, mais on peut y renoncer pour des raisons économiques ! » Michel Godet Le Figaro 13 janvier 2004

        « C’est bien en somme, la crainte d’un déclassement économique ou social qui constitue, bien plus que l’ambition de s’élever socialement ou économiquement, le véritable motif de l’ajournement des mariages et des naissances, et le principal obstacle à l’accroissement de la population. » Ph. Bourcier de Carbon La Jaune et la Rouge juin-juillet 1995 p.39

        Après redistribution, le niveau de vie des familles de 3 enfants est inférieur de 25% à celui des familles sans enfant. Celui des familles de 4 enfants est inférieur de 38%. Chiffres cités par Michel Robatel in Rajeunir et Peupler la France Bulletin n°19 décembre 2003 p. 25.

        « Le niveau de vie d’une famille avec des enfants est inférieur à celui d’un couple de retraités. » Béatrice Majnoni d’Intignano( Professeur à Paris XII) Le Figaro 24 mai 2003.

        « Depuis 20 ans, la situation relative des jeunes ménages n’a cessé de se détériorer en niveau comme en dispersion, tandis que celle des plus âgés n’a cessé de s’améliorer. » INSEE « Revenu et patrimoine des ménages édition 1996 » Série Synthèses n°5. août 1996. 172 p. Paris cité par Ph. Bourcier de Carbon « SO.S.-Jeunesse, S.O.S.-Pauvreté » : vers une France des rentes ? 20 ans de marginalisation des jeunes adultes en France décembre 1996

        « Le niveau de vie moyen d’une personne âgée inactive isolée est aujourd’hui en France équivalent à celui d’un couple de deux personnes actives chargées de deux enfants. » Économie et Statistique INSEE (1986/1995 ?) cité par Ph. Bourcier de Carbon La Jaune et la Rouge juin-juillet 1995 p. 42

        « Le niveau de vie par tête d’un foyer de retraité âgé de plus de 60 ans est aujourd’hui en moyenne plus élevé que celui des personnes seules avec enfant, plus élevé que celui des couples composés d’un actif et d’une inactive ayant un enfant ou plus, et pratiquement équivalent à celui des couples composés de deux actifs ayant deux enfants. » Documentation française : « Le Livre blanc sur les retraites ». Services du Premier Ministre Paris 24 avril 1991, cité par Ph. Bourcier de Carbon « SO.S.-Jeunesse, S.O.S.-Pauvreté » : vers une France des rentes ? 20 ans de marginalisation des jeunes adultes en France décembre 1996

        « […] faute d’encouragement suffisant, […] nombre de couples renoncent à agrandir la taille de leur famille. »
        Jean-Claude Chesnais La démographie Que sais-je PUF ? PUF 1990/2005 p. 112

        Les aides à la famille sont limitées par le biais de la condition de ressources et du plafonnement du quotient familial. Ce sont les ménages à revenu moyen – les plus nombreux – qui sont pénalisés. Michel Robatel in Rajeunir et Peupler la France Bulletin n°19 décembre 2003 p. 25.

        « Les femmes d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, en particulier, ont entrepris une véritable grève des ventres, car rien ne les aide à faire des enfants. » Jean-Claude Chesnais Le Figaro 24 décembre 1999

        « Selon la formule d’A. Sauvy, les bébés d’aujourd’hui feront les retraites de demain. Une femme sur deux voudrait un enfant de plus mais y renonce pour des raisons économiques. Avec trois enfants, une femme sur deux renonce à travailler alors qu’elle prépare de futurs cotisants. Or, si une femme travaille trente ans au lieu de quarante, elle ne touchera que la moitié de sa retraite. C’est un vrai métier que d’élever ses enfants. Mais, en France, il n’est pas reconnu comme tel sauf pour les nounous qui gardent les enfants des autres. » Michel Godet, cité par Bruno Jacquot Le Figaro Entreprises lundi 27 janvier 2003 p. 13

        « Le nombre de familles de quatre enfants est passé de 600.000 à 400.000 entre 1990 et 1999. Rien d’étonnant quand on sait que leur pouvoir d’achat est de 40% inférieur à celui d’un couple actif sans enfant. » Michel Godet Le Figaro 13 janvier 2004

        ► Depuis le début des années 1970, l’aide aux mères de famille a été considérablement dégradée.

        En particulier, la base de calcul des prestations familiales est décrochée de la croissance salariale réelle (maintien du niveau de vie relatif des familles) pour être à peu près alignée sur la simple hausse des prix (simple maintien du pouvoir d’achat). Or les cotisations aux Caisses d’Allocations Familiales restant indexées sur la masse salariale, les CAF connaissant des « excédents » structurels qui ont été systématiquement utilisés pour combler les déficits des autres Caisses du système de la Sécurité sociale : assurance vieillesse et assurance maladie. Ph. Bourcier de Carbon Politique familiale : 1996, le coup de grâce p. 5

        Les prestations familiales avaient été créées pour compenser en partie les charges créées par les enfants. Elles ont été subrepticement converties en instrument de redistribution des revenus, c’est à dire accordées sous conditions de ressources. Contrairement à la loi, elles ne sont pas indexées sur le salaire des manœuvres. Si bien que leur montant en francs constants par enfant n’a pas changé depuis la guerre alors que le PIB a été multiplié par 4 et les dépenses en faveur des vieillards par 6. Population et Avenir n°638 mai/juin 1998

        En 1997, la part de la politique familiale dans le PIB représentait 3,1%. Elle n’est plus que de 2,7% en 2002, (42 milliards d’euros) Michel Robatel (Président-fondateur de l’association « Rajeunir et Peupler La France ») Bulletin de l’association n°19 décembre 2003 p. 25.

        « Les allocations familiales, cœur d’une politique de soutien de la natalité, ne représentent plus aujourd’hui en France que 70 milliards de francs (sur un PIB de 7.900 milliards en 1996, soit moins de 0,9% de ce PIB), et l’on sait que, pour restaurer le remplacement des générations, cette enveloppe devrait représenter environ 3% du PIB, soit plus de 230 milliards de francs. [le Produit Intérieur Brut mesure, en gros, la quantité de richesses créée pendant une année.]
        En réalité, il manque désormais à la France environ 160 G FRF pour assurer le remplacement de ses générations, en restaurant le pouvoir d’achat de ses familles, actuellement en voie de paupérisation, pour l’entretien de leurs enfants » (cf. Jules Leveugle : Extinction de l’Europe ou politique démographique ? Revue Commentaire, été 1997) »

        « Une femme qui élève un enfant lui consacre, en moyenne : 8h10 de travail par semaine (son mari 5h10). Si cette femme élève 2 enfants, elle leur consacre 10h30 (son mari 5h15). Avec 3 enfants, elle passe 19h30 à s’occuper d’eux (son mari 3h – vous avez bien lu : ça diminue !) et s’ils sont 4, 22h50 (3h30 pour son mari) » Enquête INSEE Emploi du temps des ménages. 1994 Cité par Dominique Marcilhacy Population et Avenir n°643 mai-juin 1999 p. 14

        ► Un facteur aggravant : les femmes ont leurs enfants plus tardivement.

        Certains nient l’importance de la fécondité tardive sur le renouvellement des générations. Simplifions. Imaginons que les femmes n’ont qu’un enfant. Si elles l’ont à 25 ans, nous aurons 4 générations d’enfants par siècle. Si elles ne l’ont qu’à 33 ans, nous n’aurons que 3 générations d’enfants par siècle. L’enfant qui n’est pas né ne naîtra plus.

CONCLUSION

        ► Nous privons les femmes des enfants qu’elles désirent.
Chacun, aujourd’hui, est très vigilant sur la satisfaction de ses désirs, souvent nommés « droits ». Pourquoi refuser aux femmes les moyens d’avoir les enfants qu’elles désirent ?

       Nous compromettons en même temps l’avenir des enfants qu’elles ont

F     Quels sont les remèdes?

        Aussitôt que le niveau de vie relatif des familles est rétabli par une politique familiale adéquate, les femmes ont les enfants dont elles étaient privées par la société.

        En France, le Code de la famille, promulgué en 1939, complété après la Libération, a produit une remarquable remontée de la natalité aussi longtemps que les aides aux mères de famille ont été maintenues au niveau nécessaire.
        Lorsque la diminution de ces aides a entraîné le recul de la natalité observé de 1974 à 1978, une prime de 10.000 F a été instaurée pour le 3ème enfant. La natalité a aussitôt augmenté jusqu’à ce que la mesure soit supprimée en 1981.

        En 1976, pour corriger une chute de la natalité, la RDA a mis en place une nouvelle politique familiale (primes de naissance substantielles, accroissement des prestations familiales, montant de la prestation croissant avec le rang de la naissance, congé de maternité de 26 semaines avec intégralité du salaire net moyen, garde assurée des enfants de 6h à 19h, etc. La fécondité connut une forte remontée, aussi longtemps que les mesures subsistèrent.

        « L’exemple du Danemark : il a réussi à faire remonter le taux de fécondité de 1,4 à 1,8 en doublant la durée du congé de maternité, en multipliant le nombre de crèches et en garantissant aux femmes qui travaillent le retour en entreprise dans de bonnes conditions. » Béatrice Majnoni d’Intignano Le Figaro 29 avril 2000 citée par Christine Clerc.

        Dans un but d’aide sociale, les Suédois ont, en 1984, substantiellement augmenté l’aide aux familles. L’effet sur la natalité a été considérable : le taux de fécondité « était de 1.62 en 1982. Il atteint 2.12 en 1993 » Geneviève Dupoux-Verneuil Le Nouvel Économiste n°950 17 juin 1994.

        Suède : « En 1983, l’indice synthétique de fécondité était retombé à 1,6 enfants par femme. Les allocations familiales, non imposables, sont alors fortement revalorisées en 1985, et placent à cet égard depuis lors la Suède en tête des pays de l’O.C.D.E. De plus toute une série de dispositions ont été adoptées visant à concilier travail professionnel et soins des enfants (salaire parental, congé pour les parents, modes de garde, etc.) Cette nouvelle politique familiale vigoureuse a accompagné une reprise de l’indice conjoncturel de la fécondité suédoise : 1,7 en 1985, 2,0 en 1989, 2,1 en 1990 et 1991. » Ph. Bourcier de Carbon La Jaune et la Rouge juin/juillet 1995 p. 53.

        Lorsque la Suède a considérablement réduit ses dépenses publiques (67,5% du PIB en 1993 et 52,9% en 2001, soit une baisse de 14 points en 7 ans), les aides à la famille ont été réduites dans les mêmes proportions et la fécondité a diminué. Laurence Ville L’Expansion avril 2002 n°662 p. 121.

        Ne rien faire, c’est choisir de priver les couples d’une liberté fondamentale.
        « Prendre l’option de ne pas intervenir, c’est effectuer un choix majeur en matière familiale, celui de priver les familles d’une aide publique et ainsi de ne pas permettre aux couples d’exercer une liberté pourtant fondamentale : celle de pouvoir élever le nombre d’enfants qu’ils désirent. » Jean-Édouard Rochas Extrait de sa communication au colloque de Berlin 12 et 13 juin 2002 : Légitimité d’une politique familiale.

        ► Quel serait le coût ?

        « Une politique nataliste en Europe consisterait à corriger la paupérisation relative des jeunes, de façon à rétablir une fécondité équilibrée. Dans le cas de la France, une telle politique pourrait consister à porter les allocations familiales non taxables au niveau du coût d’éducation du 3ème enfant pour une famille moyenne, soit un peu plus de 3.000F/mois jusqu’à l’âge de 18 ans. Le coût global des allocations familiales proprement dites passerait d’environ 70 milliards aujourd’hui à 230 milliards en régime permanent, le coût supplémentaire serait de 2% du PIB ce qui serait à comparer aux dépenses publiques et de sécurité sociale d’environ 55% du PIB en 1997. » Jules Leveugle juillet 1998

        Jacques Bichot (Économiste, président de « Familles de France ») estime à 300 G FRF (46 G €) le coût d’une politique familiale efficace. Ce coût comprend pour une large part des points de retraite compensatoires pour les mères de famille. Communication de Jean-Didier Lecaillon à la réunion du 29 avril 2002 de l’association Rajeunir et Peupler La France.

        ► Quels sont les moyens à mettre ou remettre en place ?

        De nombreuses mesures ont été proposées. L’efficacité de la plupart d’entre elles a été expérimentée en France ou dans d’autres pays. Elles consistent à maintenir le pouvoir d’achat relatif des familles par rapport aux couples sans enfant.
        Les compensations de charges (quotient familial, allocations familiales, etc.) doivent évidemment être attribuées sans conditions de ressources. Il faut ne pas les confondre avec les allocations fondées sur la politique sociale et attribuées, elles, sous condition de ressources.

        • Restauration des allocations familiales à un niveau tel qu’elles représentent à nouveau environ 3% du PIB et qu’elles soient annuellement maintenues à ce niveau.
        • Allocation aux mères de famille de pensions de retraite comparables à celles des femmes qui ont travaillé à temps plein pendant leur vie active (attribution de points de retraite liés aux enfants) Actuellement existe une allocation parentale d’éducation mais il faut avoir exercé une activité professionnelle pour y avoir droit...ce qui est tout à fait absurde et provient de préjugés idéologiques !
        • Création de crèches (publiques et privées) municipales et dans les entreprises
        • Professionnalisation de nourrices agréées, d’assistantes maternelles
        • Flexibilité des horaires professionnels pour les mères de famille, sans imposer pour autant des charges nouvelles aux entreprises
        • Congé parental de longue durée avec maintien d’une part importante du salaire et réintégration au même poste
        • Formation professionnelle au retour de maternité
        • Crédit de jours rémunérés pour être au chevet d’enfants malades

Et aussi :
        • Mesurer pour ne pas décider à l’aveuglette.

        « Instituer des comptabilités publiques des revenus et niveaux de vie selon les tranches d’âge, comme le propose Jules Leveugle [Extinction de l’Europe ou politique démographique Commentaire n°78 été 1997 p. 419 à 429 Paris] permettant de suivre annuellement l’évolution des revenus et niveaux de vie, absolus et RELATIFS des jeunes et des familles, les transferts nécessaires vers une politique familiale explicitement conçus comme une compensation à la paupérisation relative des jeunes et des familles devant être révisés si une évolution en sens contraire se produisait ». Philippe Bourcier de Carbon Colloque international « Adolphe Landry » Corte et Calvi 3-6 septembre 1997 CNRS-LATAPSES-INED-Université de Corse p.28
        • Évaluation et prise en compte de la production domestique, en particulier la création de richesse produite par l’éducation des enfants par les parents.
        • Information et sensibilisation des médias, des politiciens et du grand public sur la situation démographique et ses conséquences
        • Restauration d’un enseignement pragmatique et non idéologique de la démographie

Et encore :
        • Que tout citoyen mineur jouisse d’une voix électorale confiée à son tuteur légal.

G     Quelles sont les objections habituelles contre ces remèdes?

        Dès qu’il s’agit d’une question sociale, toutes les libertés sont permises. Il n’y a plus de connaissances, plus de science, mais de joyeux échanges d’ignorances, qui en d’autres domaines, seraient attardés de plusieurs siècles.
Alfred Sauvy Le Nouvel Observateur 13 mai 1965

        • « Les dispositions économiques ne sont pas efficaces pour redresser la natalité. »
        Réponse : les exemples de la France des années 50 et 60, de la Suède et du Danemark, cités ci-dessus, et d’autres encore montrent le contraire.

        • « Ce n’est pas à l’État de se mêler de la vie des familles. »
        Réponse : l’État s’en mêle en permanence parce qu’il prélève et redistribue dans de nombreux domaines. Son devoir est de créer les conditions telles que : 1) les femmes soient libres d’avoir les enfants qu’elles désirent. 2) L’avenir du pays soit assuré par le renouvellement des générations.

        • Les anti-natalistes : « Les payer pour faire des enfants c’est considérer les femmes comme des bêtes d’élevage.»
        Réponse d’Antoinette Fouque, une figure du féminisme français, docteur en sciences politiques et psychanalyste, co-fondatrice en 1968 du Mouvement de Libération des Femmes, fondatrice des Éditions des Femmes : « Je crois que l’enfant doit être reconnu comme notre première richesse et que gestation et maternité doivent être considérés dans leur dimension humaine, comme un fait de culture. » Valeurs actuelles 1er juin 2001 p. 31

        « […] loin de s’opposer, féminisme et natalisme se conjuguent, car ils reposent sur les mêmes fondements : la volonté d’aider les individus à réaliser leurs aspirations personnelles. » Jean-Claude Chesnais La démographie Que sais-je PUF ? PUF 1990/2005 p. 118

        • « Les vieux d’abord »
        « Il est beaucoup moins risqué politiquement de bloquer les allocations familiales que les retraites » Jacques Dupâquier Le Figaro 24 janvier 1996

        Plus une population vieillit, plus l’âge des votants augmente : en 1995, l’âge médian (celui pour lequel il y a autant de personnes « plus jeunes » que de personnes « moins jeunes ») était de 48 ans. Il sera de 49,5 ans en 2000 et de 51,5 ans en 2010. Ph. Bourcier de Carbon Chronique d’une implosion annoncée Revue Futuribles n°203 novembre 1995.

        • « Tout va bien »
        C’est l’affirmation de ceux qui confondent descendance finale et indice synthétique de fécondité ou d’idéologues plus ou moins consciemment hostiles à la survie de leur pays.

        • Les malthusiens
        Le traité de Maastricht a la prétention d’embrasser tous les aspects qu’il juge pertinents pour la constitution d’une communauté à caractère politique dotée d’une citoyenneté européenne. [et pourtant] on n’y trouve rigoureusement rien concernant la démographie, la famille et l’enfant. C’est une omission délibérée qui traduit bien l’esprit foncièrement malthusien des rédacteurs du traité. Yves-Marie Laulan Géopolitique n°74 p. 13

        On cherchera en vain le mot « famille » dans le traité de Maastricht. Gérard-François Dumont, « La sociologie de la famille dans l’Union européenne » Éthique, n°21, 1996/3, cité par Yves-Marie Laulan in la revue Géopolitique n°74 p. 13)
        Les mêmes remarques s’appliquent au projet de Traité de constitution européenne soumis au referendum du 29 mai 2005.

        • « Le monde souffre de surpopulation. Nous devons montrer l’exemple
        C’est faux. On observe une décélération démographique dans de très nombreux pays. Les prévisions alarmistes des années 60/70 se sont avérées fausses. « La population mondiale est inférieure de 1 milliard au chiffre annoncé dans les années 1970. » Gérard-François Dumont Les Échos 17 août 2001.

        Le Club de Rome annonce au milieu des années 70 une « explosion démographique » mondiale. Des scientifiques démontrent qu’elle n’aura pas lieu. (Gérard-François Dumont De l’explosion démographique à l’implosion démographique ? in Revue des Sciences morales et politiques n°4 1993) Adolphe Landry (démographe) tenait le fait pour acquis dès 1934 ! (La révolution démographique Paris 1934 Sirey, réédition Paris INED 1982, cité par Gérard-François Dumont supra. P. 32) Voir aussi J.-D. Lecaillon L’économie de la sous-population PUF 1977.

H     Que pouvez-vous faire personnellement pour que les femmes obtiennent gain de cause et pour arrêter le déclin du pays ?

► Faites savoir quelle est la situation et quels sont les remèdes :

        • dans votre entourage familial et professionnel

        • auprès des hommes politiques : votre maire, votre député, votre sénateur

        • auprès des médias qui recherchent votre lectorat

► Utilisez à cette fin la revue POPULATION & AVENIR, en vous abonnant et en la faisant lire autour de vous, aux jeunes et aux moins jeunes : vous diffuserez une excellente information, objective, sans manipulation idéologique, bien présentée, très utilisée par ceux des enseignants qui se préoccupent de démographie.

POPULATION & AVENIR
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Tél.-Fax : 33 (0)1 47 70 53 81
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