Crise des Valeurs, révolte des banlieues et Identité Française
La révolte des banlieues
Participant à une récente émission radio sur ce thème, j’ai été traité par des auditeurs, tour à tour, (en substance), de « défenseur de la racaille » et de « réactionnaire borné ». J’en conclus que, refusant les généralisations hâtives et les faciles amalgames, je tiens à peu près le juste milieu.
Trois données de base
1/ Une maison
bâtie sur le sable ne peut que s’écrouler, nous enseigne l’Evangile et, selon un dicton africain : «
La forêt n’est jamais brûlée que par ses propres arbres... »
La première cause de la récente crise de folie destructrice me paraît donc résider dans
notre propre affaiblissement démographique, moral et spirituel.
La
crise des Valeurs se vérifie partout dans notre société :
crise de confiance généralisée, crise de l’autorité, y compris de celle de l’Etat, de la famille, de l'éducation nationale, du patriotisme, de la religion...
Avec leurs repères, les Français ont perdu leur énergie vitale.
Sur ces décombres se développe une idéologie destructrice. Depuis 1968, elle nous
interdit d'interdire. Elle revendique la
liberté de faire n'importe quoi. Elle nous donne
mauvaise conscience et
sape tout ce qui se rattache au
passé et souvent au
bon sens...
Avec d’autres facteurs,
pub,
émissions TV, sites Internet, chansons rap, jeux vidéo… entretiennent un climat de matérialisme, d’égoïsme, de scepticisme et de violence...
Dans ces conditions, alors que les Français s’aiment si peu et aiment si peu la France, comment s’étonner que des immigrés imprégnés de cultures très éloignées de la nôtre, cherchent à profiter de nos avantages matériels mais hésitent à s’intégrer, refusent de le faire et même se révoltent contre nous car nous leur présentons une image de
faiblesse peu attirante et n’avons guère
de projet collectif d’avenir à leur proposer.
2/ Cependant, jeunes, nombreux et affamés, ceux du Sud continuent à affluer, attirés par notre richesse et notre vide démographique. Cette loi de nature est vérifiée par des siècles d’histoire humaine. Leur
flux migratoire est de plus en plus difficile à canaliser.
3/ Le fait même que nous soyons en
démocratie et que nous brandissions à tout moment les Droits de l’Homme nous rend
vulnérables par rapport à ceux qui n’ont pas nos scrupules. Notre mauvaise conscience nous empêche, non seulement de faire usage de la force contre les trublions,
(contrairement à ce qui se passe ailleurs), mais même de
nous protéger efficacement, ne serait-ce qu’en durcissant nos lois et en fermant nos frontières.
Sur ces facteurs de base se greffent d’autres éléments socio-psycho-politiques.
4/ Déception.
En quittant leur milieu et en prenant beaucoup de risques, les immigrants croient trouver ici un paradis. Leur déception est d’autant plus grande en découvrant la difficulté pour eux de vivre chez nous (dans la légalité) et le peu d’intérêt que nous leur manifestons.
5/ Marginalisation
Ils vivent ici coupés du reste de la population.
En effet, nos pouvoirs publics les ont amenés par milliers dans des cités artificielles, loin des centres-villes. Les femmes surtout y connaissent un fort taux d'analphabétisme qui entretient leur marginalisation et le chômage. Restant entre eux, écartelés entre deux civilisations, ils habitent quand ils le peuvent nos HLM, bénéficient de nos soins médicaux et de nos allocations… mais n’adoptent fréquemment que
l’apparence de notre citoyenneté. Ils connaissent et exploitent nos lois et règlements quand ils leur sont favorables. Mais ils récusent l’essentiel de notre héritage et gardent fréquemment leurs coutumes, leur culture et leur langue.
6/ Désoeuvrement, commerce illicite et délinquance
Malgré beaucoup de réussites individuelles méconnues, trop de jeunes sont en situation d’échec :
l’école les rebute et ils savent qu’il n’y a guère d’embauche régulière pour eux à l’issue. Leurs parents, souvent dépassés, ne peuvent les contraindre à étudier ou à travailler. Du coup, ils se rassemblent en bandes -
où, comme partout, les plus mauvais font la loi - qui rivalisent dans la recherche d’aventures et de gains, notamment via la drogue, et règnent par la terreur dans les cités.
Leurs exactions répétées et provocatrices amènent la répression
(75% de la population pénitentiaire autour de Paris est d’origine immigrée). Malheureusement, ce qu’ils acquièrent en prison c’est un supplément de mauvaises habitudes -
et une réputation de héros aux yeux des copains !
7/ Défiance mutuelle
Cette situation suscite ici la crainte et le rejet des immigrés de plus en plus nombreux.
Cette défiance contribue à faire oublier par trop de nos compatriotes, d’une part, tout le
sang versé depuis un siècle et demi pour la France par ses Tirailleurs et, d’autre part, la participation de tant d’OS et de mineurs recrutés dans le bled à notre
développement.
Les émeutes récentes exacerbent encore cette répulsion, ce qui entraîne du ressentiment, voire de la haine, de la part de ceux qui se sentent exclus de notre société
« à 3 vitesses ».
8/ Rôle de la TV et de la musique
Exactions, provocations, répression: la spirale funeste est amorcée !
L’exacerbation des passions est renforcée par des
images de
notre propre TV
quand elle montre l’intifada palestinienne, les kamikazes Irakiens affrontant l’armée US et, chez nous, les jeunes caillassant nos pompiers…
Le rap, entre autres, contribue à entretenir cette excitation !
9/ Propagande islamiste
Sur ce terreau favorable (à majorité musulmane, c’est un fait !), certains imams
(travaillant soi-disant à combler le vide existentiel de cette population) sèment une
propagande islamiste qui accroît encore le trouble des esprits. Du coup, au lieu de leur faire horreur, le
terrorisme fascine certains de ces jeunes alors qu’il fait peser une menace permanente sur nos démocraties…
10/ Soutien multiforme
Des
associations humanitaires soutiennent systématiquement les immigrés pour des motifs respectables mais c’est par
idéologie, anticolonialiste notamment, qu’une partie de notre
intelligentzia absout systématiquement les fauteurs de troubles. Quant aux Trotskistes, ils sont ravis de trouver dans les banlieues un
nouveau prolétariat à récupérer.
11/ «
Cet âge est sans pitié ».
(La Fontaine)
Les auteurs d’exactions récentes sont très jeunes et d’autant plus inconscients et cruels,
comme les gamins sur les barricades de 1848 et 1871, et les enfants-soldats du Cambodge et du Rwanda... mais la jeunesse assure ici de grandes chances d’impunité.
12/ Manque d’attention et absence d’encadrement
Quoique soucieux en théorie des Droits de l’Homme, nous ne nous sommes pas assez souciés de ces personnes qui auraient eu besoin qu’on s’occupe d’elles avec
fermeté et
bienveillance en respectant leur
dignité. Ce sont en effet des populations turbulentes, fières et susceptibles qui respectent la force juste et méprisent la faiblesse bavarde.
13/ Incohérence de notre
politique
Vis-à-vis de l’immigration, elle
oscille en effet, depuis 50 ans, entre refus de voir la réalité, faiblesse, générosité abusive et mal comprise et illusion démagogique.
***
Ce bilan sommaire met surtout en relief notre propre
faiblesse. Il est assez facile à établir. Autrement complexe et délicate est la
construction d’un avenir qui repose sur des fondations solides et durables - et non sur des mesures d’opportunité.
***
Pour REBONDIR à partir de cette crise
Action vis-à-vis des populations d’origine immigrée
Je m’en tiendrai ici à ce sujet à quelques vœux :
- celui qu’on ne se limite pas à des saupoudrages budgétaires, comme les politiques en ont trop souvent la tentation. On a sans doute déjà trop dépensé d’argent en pure perte, faute de réalisme, de bon sens, de volonté et d’un investissement humain suffisant.
- celui qu’on veuille faire régner l'ordre dans les cités et y
reprendre l'initiative mais qu’on recherche
l’adhésion des populations intéressées, à travers des mesures concrètes et visibles, soutenues par une
action psychologique adroite.
- qu’on décide d’agir sur
toutes les données à la fois
pour montrer que le vent a tourné.
- qu’on développe l’engagement d’hommes et de femmes formés pour
encadrer et animer ces personnes en les aidant à découvrir leurs
devoirs de citoyen au-delà de leurs droits.
Ces médiateurs, animateurs de clubs et de chantiers de travail joueraient dans les cités le rôle autrefois dévolu aux
patronages, aux
gardes champêtres, aux
officiers SAS…
Ils permettraient de généraliser les missions d'alphabétisation, complémentaires de l’exigence de parler français à imposer aux candidats à la naturalisation.
La
promotion de la femme me paraît une condition essentielle de la réussite de ce plan.
Ce qui implique d’interdire des pratiques illégales ici : polygamie, séquestration, mariage forcé, excision…
Un
Service National rénové permettrait à nos futurs cadres de consacrer une partie de leur temps et de leur talent à l’éducation des jeunes en difficulté et de donner à ceux-ci une conscience accrue de ce que la France fait pour eux.
Plusieurs pistes prometteuses ont été explorées récemment dans ce domaine. Il faudrait les exploiter.
A titre d’exemple, le Père Petitclerc dirige, depuis des années, le Valdocco, une association d’insertion d’Argenteuil. Cet homme qui se consacre depuis des années au soutien des jeunes immigrés affirme, par ailleurs, qu'il faut les inciter à sortir de leurs ghettos. Cela suppose évidemment qu’on les y aide.
Polytechnicien lui-même, il se fait aider, à temps partiel, par un certain nombre de ses jeunes camarades et d’autres étudiants qui découvrent la réalité humaine en donnant le meilleur d’eux mêmes.
Pour de futurs grands patrons, c’est une expérience irremplaçable.
Action vis-à-vis de nous-mêmes
L’action en direction des immigrés est cependant inséparable d’un
effort sur nous-mêmes visant à relancer les Valeurs essentielles et à restaurer la confiance et une saine conception de l'identité française, bref à offrir à nos nouveaux concitoyens un projet de vie susceptible de les rassembler. Dans ce domaine qui est le sien, France-Valeurs, propose depuis 20 ans, avec d’autres, les voies d’une sorte de
réarmement moral.
Promouvoir les Valeurs
Elle nous paraît essentielle et devrait être menée en priorité en direction des
jeunes. L’Argumentaire de FV détaille les différents aspects de l’éducation à mener pour revivifier, entre autres, le courage, le sens de la responsabilité et celui de l’honneur, la générosité, le civisme, le respect de l’autorité, de la famille, de la patrie, et celui de la vie…
Réhabiliter le français
La langue est un des éléments essentiels de l’identité de la France et le véhicule majeur de transmission de sa culture. Il s'agit à la fois de la réhabiliter en qualité et d'inciter tous ses habitants, à commencer par nos propres enfants, à la parler correctement.
Faire aimer l’Histoire
La connaissance de l'histoire est aussi importante. Elle devrait être remise en honneur mais débarrassée de tous les éléments de mauvaise conscience qui la dénaturent actuellement car on ne peut condamner le passé avec nos idées de 2006.
Il paraît en revanche inutile et dangereux de légiférer en la matière.
Rénover le Patriotisme
- La notion de Patrie a une dimension essentiellement affective.
- Dans ce domaine, la réalité doit être regardée
en stéréo.
L'amour de la patrie est compatible avec l’attachement à nos racines familiales et avec une certaine organisation politique de l'Europe.
- Ce qui en revanche pourrait faire problème, ce sont les déformations de l'idée de Patrie qui aboutissent parfois au mépris des autres hommes à travers un culte abusif rendu à la Nation.
Chez nous, il s’agit plutôt
d’aider les Français à regarder leur pays avec tendresse, les inciter à prendre conscience du bonheur exceptionnel de pouvoir vivre en France !
La philosophe Simone Weil disait : «
Il faut donner aux français quelque chose à aimer : la France ! »
Exprimer notre gratitude envers les hommes qui ont fait la France
L’amour des vieilles choses est moins important que la gratitude vis à vis de ceux qui nous ont précédés. Au fil des siècles, ils ont aménagé et agrandi, pour nous, notre coin de terre,
au prix d’un labeur incessant. Le
sentiment de solidarité verticale entre les générations est dans la nature profonde de l’homme et «
le maintien du souvenir est un devoir envers l’avenir », dit Maurice Druon.
Montrer aussi notre reconnaissance envers les hommes qui ont défendu la France
C’est de l’éducation civique élémentaire. Les enfants ont besoin d’apprendre à vivre ensemble en respectant un certain nombre de règles rendant la vie sociale possible. Ils doivent aussi comprendre qu’il leur faudra
se dévouer pour quelque chose qui les dépasse, qui a existé avant eux et qui continuera après leur mort.
Aimer la France, c’est garder pieusement la mémoire de ceux qui sont morts pour elle et être prêts à suivre leur exemple !
Rendre hommage à la France de la culture sous ses diverses formes
Au delà de notre espace géographique, de nos monuments et de nos batailles, la France, c’est aussi
notre culture, notre langue, nos modes de pensée et d'agir.
C’est la somme de tous les labeurs manuels et intellectuels qui ont tissé progressivement cette trame aux multiples dimensions et couleurs qui constitue l’identité Française.
C’est la prise en compte de notre
immense capital spirituel, de tout ce que des Français ont fait de bien et de beau au long des siècles pour que les hommes soient davantage hommes,
les chefs d’entreprise d’avant garde sur le plan social et les apôtres de la charité. Clemenceau disait : « La France, hier soldat de Dieu, aujourd’hui soldat du droit, sera toujours le soldat de l’idéal ... »
CONCLUSION
Renan disait: «
Une nation est une famille spirituelle, c’est un vouloir-vivre collectif, c’est un plébiscite de tous les jours » ... Redisons-le à nos concitoyens à qui on parle surtout de défense des intérêts catégoriels et des avantages acquis…
Enseignons aux enfants que,
comme disait Kipling : «
Chaque sentinelle est responsable de tout l’empire. » et,
comme on enseigne au CNPF, «
Si vous ne dites pas vous-même ce qu’est votre entreprise, d’autres auront vite fait de dire à votre place ce qu’elle n’est pas ... »
Ce qui est vrai pour l’entreprise l’est encore plus pour la France. Elle est souvent calomniée - même de l’intérieur. Elle donne aussi l’impression d’avoir perdu confiance en elle même. A tous ces égards,
la Patrie est en danger. C’est à nous de la secourir !
Travaillons y tous, tranquillement et sans extrémisme. C’est ainsi que nous contribuerons à rendre aux Français de souche et aux nouveaux venus
la fierté d’être Français.
Jean Delaunay