Un sondage d'opinion sur le thème des Valeurs est réalisé tous les 9 ans en France comme dans toute l’Europe. Le résultat
du cru 2008 est publié dans le journal «La Croix» du 15 août. Il représente le
thermomètre des Valeurs telles qu'elles sont ressenties par nos compatriotes.
On note certaines évolutions par rapport aux sondages précédents :
la famille continue à être perçue comme la valeur numéro un (87 %), avant
le travail (68 %) et les amis (50 %) mais, en ce qui concerne le couple liberté / égalité, c'est paradoxalement
l’égalité qui est citée en premier à 57 % contre 40.
Interrogés sur les Valeurs à privilégier dans l’éducation des enfants, les Français placent en tête
la tolérance (1) et
le respect des autres.
En 2° position, fait nouveau, 7 français sur 10 placent
«les bonnes manières», et 6 français sur 10
le sens des responsabilités,
En ce qui concerne
la solidarité, qui reste moyenne dans les préoccupations de nos concitoyens, elle s’adresse d'abord aux proches, selon 86 % des sondés, puis aux personnes âgées pour 67 % et aux handicapés, 67 % également.
(L'institut de sondage qui interprète ces résultats évoque cependant une
société de défiance où les Français (qui sont, par ailleurs, de plus en plus jaloux de leur autonomie) ne font pas spontanément confiance à leurs voisins...)
Autre fait nouveau,
l'autorité semble remonter dans l'opinion publique : 79 % des personnes interrogées pensent que
«ce serait une bonne chose qu'on respecte davantage l’autorité» contre 60 % en 1999. Ce besoin d'ordre public se conjugue avec une progression
du sentiment national et de la fierté d'être français qui ne dégénère pas cependant en xénophobie.
Les
Valeurs religieuses occupent une mauvaise place dans cette échelle : 50 % des français se disent sans religion contre 27% en 1981 (et 17 % athées contre 12 %). Ces chiffres sont encore pires chez les 18/29 ans : 52 % d’entre eux disent n’avoir eu aucun contact avec la religion
Commentant à mon tour ce sondage, au nom de France-Valeurs, j’estime d’abord qu’il ne fait que confirmer la
tendance au matérialisme et à l’individualisme que tous les observateurs pointent depuis plusieurs décades. Je fais aussi les remarques suivantes :
1/ Famille.
On ne peut que se réjouir de l'excellente place donnée à la famille dont nous savons bien qu'elle est à la fois
le pilier de la société et
«le principal amortisseur des difficultés sociales». Le sondage ne précise pas cependant de quel type de famille il s'agit. Or il est clair que cette opinion apparemment favorable masque une dramatique réalité, la crise de la famille : refus fréquent de l’engagement conjugal, fréquence des divorces et fuite des responsabilités parentales…
A cet égard, les familles monoparentales et recomposées n'offrent pas les mêmes possibilités éducatives que la famille fondée sur le mariage durable.
2/ Tolérance.
Au moment où l’on déplore la montée des agressions et autres incivilités, je salue le fait que le respect des autres soit (théoriquement) considéré comme une valeur importante.
La tolérance me semble en revanche une notion ambiguë car elle risque de banaliser la subjectivité : si toutes les opinions et toutes les actions se valent, le bien et le mal n'existent plus, la vérité n'existe plus. Or, ce relativisme est précisément l'une des plaies de notre société molle.
3/ Valeurs fondamentales.
Le courage, le sens de l'honneur, la générosité ne sont pas évoqués dans cette enquête.
Pour sa part, France-Valeurs les considère comme fondamentales et continuera à les promouvoir.
Jean Delaunay
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