19/04/2006
Un soir, Lysias, très excité, entre chez Socrate :
- Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton meilleur ami ?
Socrate réagit :
- Attends un instant ! Avant que tu ne me racontes, je veux te faire passer le test des trois passoires. Il est bon de filtrer ce que l'on aimerait dire.
- La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?
- Non, je n'ai pas vu la chose moi-même. Je l'ai seulement entendu dire.
- Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.
- La deuxième passoire est celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bon ?
- Ah non, j'ai entendu dire que ton ami avait agi très mal.
- Donc tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain qu’elles soient vraies.
- Reste la troisième passoire, celle de l’utilité. Est-il vraiment utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?
- Non, je ne le crois pas.
Alors, en conclusion, Socrate dit :
-Si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ? Je n'en veux rien savoir et, de ton côté, tu ferais mieux d'oublier tout cela. »
Platon
***
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